Article en cours de rédaction, corrections
I) La génèse :
Au début des années 70, les U.S.A lancent un programme de recherche ambitieux pour se doter d'un nouveau missile (Le Trident) à propulsion à ergol solides d'une portée de plus de 7000 km. Par la même occasion, ils conçoivent dans le plus grand secret, un nouveau SNLE pouvant emporter 24 exemplaires de ce nouveau missile (Classe Ohio, 18 exemplaires construits sur 34 prévus). Ces nouvelles armes surpassaient de loin les capacités des projets 667A-AM et 667B-BD (Yankee I et II puis Delta I et II). Les dirirgeants de l'Union soviétique ont demandé à leur industrie de fournir une réponse adéquate à cette nouvelle menace pour L'Union soviétique.

Les données techniques et tactiques spécifiées dans le cahier des charges pour le nouveau sous-marin lanceur d'engin, nommé Projet 941 Akula, sont proposées au Parti en Décembre 1972. Un an plus tard, le 19 décembre 1973, le projet 941 est adopté par décret et un nouveau missile et mis en chantier. Le projet sera développé par le Bureau central de d'ingénièrie Rubin sous la gestion du Concepteur Général LD Spassky sous la direction directe du Concepteur chef SN Kovalev, et sous la supervision de VN Levashov, pour la Marine.
Le développement du nouveau missile stratégique naval est confié au Concepteur en chef VP Makeev en 1971. Le travail sur le système d'armes D-19 et le missile R-39 commence en 1973. Les soviétiques savent que les américains ont une avance technologique importante dans la construction de missile à ergols solides (et même si ils le cachent, beaucoup d'entre eux sont inquiets face à l'avance de la technologie Américaine, les possibilités stratégiques estimées du nouvel ensemble Trident dépasse de très loin ce que possède l'URSS). Il faut donner un signal fort aux Américains.
Le cahier des charges du Projet 941 s'affine, il doit pouvoir se faufiler sous les glaces de l'arctique, percer des épaisseurs de glaces de plus de 2.5m, lancer ses missiles en plongée et en surface. Il doit aussi être capable de lancer ses missiles le plus près possible des eaux territoriales de l'URSS et ainsi éviter la détection des nouvelles barrières SOSUS. Une grande attention est accordée à l'accroissement de sa capacité de détection hydroacoustique. Le sous marin K-153 du projet 629 Golf I fût modifié en projet 619 Golf V en 1976 afin de mener une série intensive de tests conduisant à l'acceptation du missile R-39 (SS-N-20 Sturgeon) par la Marine en 1984.
Les Soviétiques savent que pour le nouveau projet 941, le silence est un donnée capitale. En effet, du fait de l'indiscrétion de la part de quelques marins de L'US Navy et de leur famille, ils ont appris que les Américains arrivent sans trop de diificultés à traquer pendant de longues périodes les SNLE soviétique de la classe Yankee. Par ailleurs, ils savent aussi que les barrières SOSUS ont été renforcées et qu'elles permettent aux Américains d'estimer les routes que vont emprunter les sous-marins sortant des ports de la mer Blanche ou de la Baltique. Il deviens alors nécessaire d'opérer des ajustements dans la doctrine nucléaire de l'Union Soviétique. Deux axes majeurs sont proposés :
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- Augmenter le portée des missiles stratégiques afin de rapprocher au maximum les zones de patrouilles des SNLE des eaux territoriales de l'Union Soviétique;
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- Lancer la troisième génération de SNLE et de SNA, plus rapide, plus silencieux.
Il semblerait que l'Union Soviétique était plus interressée par une doctrine défensive que ce que les USA ont voulu faire croire. La surenchère dans la course à l'armement conduit les USA à mettre en place un très grand nombre de plateforme stratégique en mer. En effet le nombre de missile stratégique au sein de la composante océanique des USA répond pratiquement à un ratio de 1 pour 3, ce qui portait à plus de 3000 têtes nucléaires américaines embarquées dans la flotte de leur SNLE à la fin des années 80. Cette démesure montre la stupidité de la doctrine américaine; le M.A.D (Mutual Assured Destruction). Les traités SALT I et SALT II ont permit de réduire l'assernal embarqué à bord des sous-marins de façon "raisonnable".
II) Descriptions générales
L'architecture des sous-marins de classe Akula/Typhoon consiste en deux coques de 7.2m de diamètres assemblées comme un catamaran. Chaque coque comporte une capsule de sauvetage pouvant accueillir la moitié de l'équipage. Les deux capsules de survies se trouvent de chaque côté du massif. La chambre des torpilles et le PCNO servent de zone de jonction entre les deux coques. Chaque coque est en liaison avec l'autre par une série de coursives transversales ( au niveau du compartiment du réacteur, du compartiment propulsion et de la tranche missiles). L'ensemble compte 19 compartiments étanches. La coque pression du PCNO et de le compartiment des Torpilles sont réalisées en alliage de titane pour une plus grande résistance et une meilleure discrétions magnétique. Les barres de plongée avant s'escamotent dans la coque tandis que la forme des barres arrières a été étudiée pour augmenter la stabilité du sous-marin. Ce schéma montre la structure de la coque étanche. On constate que ce que les amércains appellent la "forêt de Sherwood" (la tranche missiles) est prise en sandwich par les deux coques étanche.

1- 6 tubes lance torpilles
2- Sonar
3- Compartiment torpilles (cf liste d'emport des armes plus bas)
4- Propulseur "merou" d'étrave avant (à tribord) et arrière (centré et non à tribord comme montré sur le dessin)
5- Coque hydrodynamique
6- Coque épaisse
7- Barre de plongée avant (escamotable)
8- Accès de secours (avant et arrière)
9- Complexe RSM-52
10- Trappes missiles
11- PCNO
12- Pod éjectable de survie (pouvant contenir tout l'équipage)
13- Les aériens
14- Massif
15- Quille (sans doute pas présente sur TK-208,TK-20 et TK-17)
16- Réacteurs OK-650b
17- Compartiments des réacteurs
18- hélice de 5,40m carénée
19- Ligne d'arbre
20- Redirecteur hydrodynamique
21- Derrive du safran
22- Stabilisateurs
23- Safran inférieur de direction
24- Barre de plongée arrière
Contrairement à ce que pensaient les américains, les soviétiques ont développés une technique d'écoute sonar similaire grâce aux ALR (Antenne Linéaire Remorquée) permettant ainsi au Typhoon de traquer les sous-marins au delà des perturbations provoquées par son sillage rendant ce sous-marin beaucoup moins sourd que les SNLE de génération précédente (Senseurs SOKS).
Beaucoup d'installations dans le sous marin ont été pensés pour le bien être de l'équipage (fini les installations frugales des projets Hotel). Cabines spacieuses pour les officiers, deux mini-piscines de 2m de profondeurs, salle de détente avec télévision et air conditionné, salle pour fumeurs, sauna, salle UV, petite boutique, salles de sport. Le projet 949A a lui aussi ce même genre d'équipement pour l'équipage. Ce genre d'installation permet à l'équipage de garder toute son efficience durant les missions de longue durée (plus de 90 jours).
Bien que les Soviétiques aient prévus dans le cahier des charges la possibilité de faire des missions de longues durée avec le Typhoon (plus de 120 jours) en réalité les missions de plus de deux mois ont été rare. En effet, les soviétiques n'aimaient pas trop l'idée de confier à un commandant et son équipage des sous-marins aussi longtemps sans un retour à la base et un contrôle politique. Néanmoins, les cycles opérationnels des Typhoons est remarquable.
III) Modifications
De nombreuses modifications ont été apportés pendant tout la vie des six sous-marins, des modifications acoustiques, des modifications permettant une astro-navigation des missiles. Une amélioration des systemes de tir, amélioration des tirs balistiques GLONASS pour le tir multi-cibles. Les dernières grandes modifications ont été apportées par la version 941-U. Pour le moment seul TK-208 en bénéficie, mais le retard pris dans le développement du Projet 955 Boreï laisse à penser que TK-17 et TK-20 vont eux aussi (ou subissent) ces modifications.
IV) Armes et systèmes
Le projet 941 est doté de systèmes qui même encore aujourd'hui n'ont pas à rougir des installations occidentales (c'est encore plus vrai suite à la refonte du TK-208 Dmitry Donskoï). Afin de rendre la partie nucléaire du sous marin la plus compact et faciliter sa maintenance, il fut décidé de mettre deux réacteurs Eau/Eau OK650b d'une puissance nominale de 190MWt.

Deux turbines à vapeurs permettent de générer l'électricité et la force propulsive dont le Typhoon à besoin. L'ensemble de la structure supportant les machines ont été placés sur vérins et cylindres block afin de réduire le bruit et les vibrations transmissent à la coque. Une autre condition demandée par les autorités concerne l'augmentation des exigences concernant les protocoles de sécurité des réacteurs (contrôle du niveau d'énergie, failsafe, triple système de secours, bouclier anti-radiation). On trouve aussi quatre turbogénérateurs de 3200kW connectés aux lignes d'arbres et deux génératrices diesel DG-750. Deux propulseurs d'étrave (un au centre à l'arrière et un devant sur le côté droit) comportent chacun un moteur électrique d'une puissance de 750kW. A la création du projet 941, beaucoup d'effort ont été déployés pour réduire sa visibilité acoustique. Une insonorisation accrues de toutes les parties du sous marin (y compris les cuisines et les poulaines). Il en résulte, selon certains analystes, une discretion acoustique semblable aux Ohio Américain. Le projet 941 est équipé, en autre, d'un nouveau système de navigation "symphonie", d'une station hydroacoustique MG-519, de système de navigation sous la glace MG-518, d'un complexe radar MRKP-58 "Buran", d'un système de surveillance vidéo de tout le bâtiment MTK-100, d'hydrophones acoustiques digital Scat-KS avec quatre stations sonar pouvant traquer simultanément jusqu'a 12 cibles, deux périscopes, (attaque et conventionnel), de deux ALT (antenne linéaire tractée) de plus de 150m chacune permettant la réception radio sous la glace, de deux sonars linéaire tracté (seulement sur TK-208, TK-17 et TK-20).
20 missiles R-39 pouvant être lancé à une profondeur de 55 mètres avec un intervalle très court (moins de 70 secondes selon certains analystes) sans aucunes préoccupations de l'état de la surface ni du temps. La porté dépasse les 10000Km, chaque R-39 possède 10 têtes nucléaires de 100kT chacune et possède un système inertiel de rentré dans l'atmosphère. Elles possèdent une précision de 500m. L'armement du Typhoon passe par 6 tubes lance torpille de 533mm avec système de chargement rapide. La plupart des armements soviétique sous marin peuvent être lancé y compris la très dangereuse torpille SHKVAL.

V) Programme de Construction
La construction des Typhoons à eu lieu dans la base navale de Severodvinsk (GCC n°402). Pour les construire, un nouveau bâtiment à été construit, le plus grand dock couvert au monde.

Le premier de la classe a été lancé le 12 Décembre 1981. Chaque nouvelle version, a bénéficiée d'améliorations technologiques. Le problème qu'a posé ces sous-marins au coût exorbitant fut discuté de façon très énergique, il fût donc décidé de limiter à 7 puis 6 exemplaires la construction de cette classe. Mais ce n'est pas seulement à cause de son coût qui a mis en péril mais l'avenir même du Typhoon a été si discuté, car sa taille gigantesque l'empêchait de rejoindre les ports stratégiques en mer Blanche. Entretenir ces engins, et leur armements plus qu'impressionnant nécessita d'entreprendre des chantiers pour créer des infrastructures colossales que beaucoup estimaient inutiles. De plus la gestion des Missiles R-39 rendait les déplacements des éléments très délicats.
V) Status en 2009
Les six sous-marin de la classe Typhoon ont été réunis dans une division de la flotte du Nord. Leur base se trouve à Nerpichaya Bay. Cette basse à entièrement été reconfigurée en 1977 pour accueillir le centre stratégique de commandement de la division Typhoon. De nouveaux quais ont été assemblés pour pouvoir y amarrer les Typhoons, la construction d'un véhicule de transport des missiles R-39, ainsi que d'un complexe de maintenance rapide (dock flottant) et des bâtiments hébergeant les équipes de maintenance au sol.
Comme les sous-marins occidentaux, chaque Typhoon est sous la responsabilité de deux équipages. Les Typhoons ont le plus haut taux d'efficience de la Flotte du Nord. En effet chaque Typhoon faisait en moyenne trois à quatre patrouilles de trois mois par an !
En 1989, la construction du septième Typhoon TK-210 est annulée et il est démantelé avant que le chantier soit terminé. Pour certains c'est à causes des problèmes financiers de la Russie qui a été déterminant dans ce choix curieux, pour d'autres ce sont les traités de désarmement bilatérale SALT I et SALT II qui ont été à l'origine de ce choix. Il est vrai que la situation politique de la Russie entre 1990 et 2000 a laissé la Flotte du Nord, en particulier, meurtrie. Avec un budget de fonctionnement insuffisant pour maintenir opérationnelle la grande majeur partie de la flotte. On peut noter que depuis la tragique incident du Koursk en 2001, la Flotte recommence à trouver un niveau d'efficience qu'elle possédait au début des années 1990.
Suite aux traités de désarment et à la situation financière, TK-202 puis TK-12 et enfin TK-13 ont été retirés des listes des bâtiments actifs de la marine. Les trois ont été complètement démantelés.
En service :
TK-208 Dmitry Donskoï
TK-20 Severstal (En Raddoub)
TK-17 (En Raddoub)
Decommissionné :
TK-202 : Démantelé
TK-12 : Démantelé
TK-13 : Démantelé
TK-210 : Démantelé
VI) Spécifications
TK-208, Tk-202, TK-13 : 170 m
TK-12, TK-17 : 172,6 m
TK-20 : 173,1 m
Hauteur : 28m
Largeur : 23,3m
Tirant d'eau : 11m
Déplacement :
Surface : 21.600 Tonnes / plongée : 26.500 Tonnes / 48500 Tonnes*
La masse du sous-marins est differente du déplacement hydrodynamique, l'équivalent du volumme du Typhoon en plongé est estimé à 48.500 tonnes, le poids nécessaire à la pesée se siturait dans les 26.500 tonnes. L'architectures des oeuvres mortes explique ce décalage...
Propulsion :
12-14 noeuds en surface / 24-27 noeuds en plongé
Deux hélices de 5,40m de diamètre
Techniques :
Deux réacteurs Nucléaires OK650b d'une puissance 380MW
2 Turbines vapeurs d'une puissance totale de 100000Ch (73500kW).
4 Turbogénérateurs de 3200kW chacun
2 Génératrices Diesel DG-750 de 800kW chacun
Profondeur :
Courante : 400m
De destruction : 600m
Endurance :
120 Jours en patrouille, peut être étendu selon certaines sources à 160 jours.
Armement :
20 R-39 (SS-N-20 Sturgeon)
8 missiles Anti-Aviation 9K310 / 9K38 (SA-14 "Gremlin" / SA-16 "Gimlet")
6 Tubes lance torpilles de 533mm
20 Torpilles Lourde de 533mm PLUR-83-R Waterfall
10 SHKVAL II-III
40 Mines marine
Armement Radio-électronique :
Système de navigation : "Omnibus"
Détection Radar : MRKP-58 "Buran"
Deux ALR VLF
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